KMCabinet apprenantAlexandre Assor · Mémoire DEC

Le mémoirePartie III · DémontrerChapitre 2Section 3

Section 3

Côté cabinet : maintenir la capacité acquise

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Paragraphe 1Passer de la personne qui sait à une organisation qui peut agir

Le savoir du référent reste indispensable pour les questions qui demandent son jugement. Le projet cherche à réserver ce recours à ce qui le justifie. La méthode commune, les sources et les cas expliqués permettent à d’autres personnes de préparer le travail. Le référent peut alors examiner une proposition étayée, au lieu de reconstruire chaque réponse depuis le début. Cette déconcentration des sachants est le premier effet attendu pour l’organisation : le savoir ne dépend plus de la disponibilité d’une seule personne.

Le capital du cabinet prend forme dans ces relations : une ressource reliée à ses sources, des personnes qui savent l’employer, un responsable qui la maintient et des dossiers sur lesquels son utilité peut être examinée. Parler d’actif durable exprime ici une capacité de l’organisation à conserver et transmettre la connaissance. Aucune valeur d’immobilisation n’en est déduite.

La spécialité fournit une épreuve exigeante de cette capacité. Le cabinet doit pouvoir préparer une mission, répondre à une situation nouvelle et réviser ses supports sans tout faire reposer sur la personne qui les a créés. L’ISO 30401 rapproche précisément l’acquisition, l’application, la préservation et le traitement des connaissances devenues inappropriées.1 Le dispositif doit tenir ces activités ensemble.

Paragraphe 2Examiner la continuité lorsque les conditions changent

L’absence du sachant permet d’examiner la répartition du travail. Le collaborateur peut-il préparer ce qui relève de la méthode ? Le suppléant dispose-t-il des éléments et de l’autorité nécessaires pour l’arbitrage ? La réponse ne dépend pas seulement de la documentation. Elle dépend aussi du temps disponible et de la suppléance réellement organisée. L’absence du sachant ne supprime pas le recours qualifié, elle en change le destinataire.

Un autre essai peut porter sur une source modifiée. Le cabinet recherche la ressource concernée, apprécie la version en usage et retrouve les dossiers à examiner. Si la méthode doit changer, il conserve la raison de la révision et vérifie son application sur un cas. L’historique permet ensuite de comprendre pourquoi un travail ancien avait été préparé autrement.

Enfin, une indisponibilité de l’assistance permet de vérifier la place qui lui est donnée. Le collaborateur doit retrouver la méthode lisible et les pièces autorisées pour poursuivre la préparation. L’annexe 2 propose d’introduire une seule variation à la fois, puis de conserver la réaction de l’équipe. Ces essais rendent la robustesse du cabinet observable sur des tâches définies. Ils orientent les corrections vers ce qui permet au travail de continuer.

Paragraphe 3Mesurer pour prendre une décision

La revue examine quelques mesures choisies pour le premier cycle. Le délai d’orientation d’une proposition aide à apprécier la charge du référent. Les usages documentés d’une ressource aident à décider si elle répond au besoin. Le temps entre un signal de veille et sa décision aide à examiner la réactivité du dispositif. Les demandes adressées au sachant sont relues avec leur motif, car un arbitrage pertinent ne représente pas un échec d’autonomie.

L’annexe 21 définit cinq indicateurs avec leur population, leur période, leur source et leurs exclusions. Les enregistrements d’ouverture servent à repérer les contenus à examiner. L’utilité d’une ressource se juge avec le travail auquel elle a contribué. Pour apprécier un gain de temps, le cabinet compare des tâches de difficulté proche et inclut la recherche, la relecture et les corrections. Il conserve la situation de départ avant d’interpréter l’évolution.

Cette discipline répond à l’ISO 30401, qui demande de définir ce qui sera mesuré, selon quelle méthode et à quel moment les résultats seront examinés.2 La revue débouche sur une décision : préciser un support, ajuster la charge, organiser un recours ou maintenir la méthode. Les mesures éclairent ces choix. Elles n’attribuent pas une note aux collaborateurs.

Paragraphe 4Revenir au cahier des charges de la partie I

La partie I s’est fermée sur un cahier des charges de vingt-deux exigences. Le moment est venu de le rouvrir et de dire, pour chacune, ce que le dépôt montre. L’annexe 6 en dresse le bilan ligne à ligne, et ce bilan distingue trois degrés. Deux exigences sont observées dans le cabinet pilote : la demande suivie dans un ticket rattaché au dossier et l’usage mesuré sans saisie. Huit sont déroulées dans Méridien, sur des données fictives, depuis la recherche de l’existant avant toute réponse jusqu’à la veille rattachée aux contenus. Les douze autres tiennent dans une règle écrite, un modèle ou une pièce remise, comme le contrat de la compétence, le registre des décisions, la charte ou les consignes des agents. Cette gradation donne la mesure du bilan : le système est construit et documenté, sa mise à l’épreuve dans la durée est le prochain cycle.

Ce qui reste à éprouver ne forme pas vingt-deux cases à cocher. Quatre épreuves suffisent à couvrir le cahier des charges, et chacune s’appuie sur un protocole remis. La première est la reprise d’un dossier par un tiers, selon l’annexe 2 : elle met à l’épreuve la recherche de l’existant, la fiche de compréhension, le programme de travail et la méthode publiée. La deuxième est la première campagne de mesure, avec les indicateurs de l’annexe 21 : elle vérifiera que la réponse au client n’a pas été ralentie, que l’usage se lit sans saisie et que personne n’écrit après le travail. La troisième est un cycle de revue tenu avec des référents nommés et des décisions consignées au registre : le tri de ce qui monte, la signature des réponses communes, la révision et le retrait y recevront leur première réalité. La quatrième est l’application sur pièces des règles écrites, de la charte aux consignes des agents. Ce rapprochement évite de confondre la présence d’une fonction avec la résolution du problème initial.

Clôture du chapitre 2

À emporter – chapitre 2

Pour le client, la continuité signifie que le cabinet conserve sa compréhension et donne une suite à ses demandes. Pour le collaborateur, elle signifie qu’il peut préparer le travail et trouver le bon recours. Pour la direction, elle signifie qu’une capacité reste mobilisable lorsque les personnes, les situations ou les sources changent. La spécialité permet d’examiner ces trois effets sur un même ensemble de missions.

Contribution à la feuille de route. Jalons 6 et 7 : faire utiliser les supports, examiner le résultat, corriger puis vérifier la correction.

Les conditions de cette continuité peuvent être organisées dès le premier chantier. Le dernier chapitre donne à l’expert-comptable les moyens de le conduire avec son équipe et ses outils.


  1. ORGANISATION INTERNATIONALE DE NORMALISATION, ISO 30401:2018, Systèmes de management des connaissances, 2018, paragr. 4.4.2.↩︎

  2. Organisation internationale de normalisation, 2018, paragr. 9.1.↩︎

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